La Corée du Sud, avec sa richesse culturelle et historique, est un pays où les traditions et les philosophies anciennes façonnent encore aujourd’hui la société. Parmi ces influences, le confucianisme occupe une place centrale.
Qui est Confucius ?
Confucius, philosophe et penseur chinois, est l’un des intellectuels les plus influents de l’histoire de l’humanité. Son enseignement, codifié dans son ouvrage Les Entretiens, s’articule autour de valeurs morales et sociales destinées à améliorer la société et à renforcer l’harmonie entre ses membres. Contrairement à une vision politique basée sur la ruse et la manipulation, Confucius prônait une gouvernance exercée par des hommes de vertus, des individus dotés d’une forte moralité. La philosophie confucéenne repose sur des principes tels que la droiture, la biensaillance, la sagesse, la loyauté, la fidélité et surtout la piété filiale, c’est-à-dire un respect profond pour les parents et les ancêtres.
Confucius, influencé par une recherche constante d’harmonie dans la nature, a proposé que l’homme construise une société harmonieuse sur Terre. Cette harmonie serait atteinte si chacun respectait cinq rapports sociaux fondamentaux :
- Père / fils
- Frère aîné / frère cadet
- Mari / femme
- Ami / amie
- Gouvernant / gouverné
Sous la dynastie Joseon, les Yangbans, une classe d’élites lettrées, fonctionnaires, ont adopté le confucianisme comme un moyen de se différencier des anciennes élites de la dynastie Goryeo. Ce système a mis en place des concours pour devenir fonctionnaire d’État, où la réussite était basée sur des examens rigoureux. Bien que ce système puisse sembler méritocratique, il était en réalité réservé à une élite riche et éduquée, car l’achat des livres nécessaires à la préparation des examens était coûteux. De plus, seuls les hommes pouvaient participer à ces concours, excluant ainsi les femmes de la participation à la vie publique.
La hiérarchie et la place du groupe étaient des éléments essentiels dans le confucianisme, ce qui explique la primauté du groupe sur l’individu dans la société coréenne. Le respect strict des règles et des rapports sociaux était essentiel pour maintenir une société harmonieuse. Les principes confucéens se retrouvent dans de nombreux aspects de la vie en Corée, des institutions politiques aux relations familiales, en passant par les arts.

Les traditions et la piété filiale sont toujours respectées et valorisées dans les familles coréennes. Toutefois, la société moderne, notamment la jeunesse, tend à critiquer certains aspects de cette philosophie, notamment en ce qui concerne les inégalités entre hommes et femmes. Le confucianisme a en effet renforcé certaines structures patriarcales et a créé une pression sociale considérable, notamment en matière d’éducation et de réussite, un héritage direct de l’époque Joseon où les examens déterminaient la place d’un individu dans la société.
Le drama coréen comme Sunggyunkwan Scandal illustrent bien cette tension entre respect des traditions confucéennes et aspirations modernes. Cette série, tout en étant une satire, valorise aussi les principes du confucianisme, en montrant comment ces valeurs façonnent les relations et les comportements au sein de la société coréenne.

Qu’est ce qu’est le néo-confucianisme ?
Le néo-confucianisme est une évolution du confucianisme qui a émergé en Chine sous la dynastie Song (Xe-XIIIe siècle) avant de s’implanter en Corée, où il a profondément influencé la société et la politique, notamment sous la dynastie Joseon (1392-1897)
Quelques différences majeures entre le confucianisme et le néo-confucianisme en Corée
Fondements philosophiques
Alors que le confucianisme classique, basé sur les enseignements de Confucius (551-479 av. J.-C.), mettait l’accent sur la morale, l’éthique et l’harmonie sociale à travers les rites (礼, li) et la bienveillance (仁, ren), le néo-confucianisme intègre des concepts métaphysiques et cosmologiques inspirés du taoïsme et du bouddhisme.
Un strict système hiérarchique et patriarcal
Contrairement au confucianisme originel, qui laissait place à des influences plus variées, le néo-confucianisme en Corée devient extrêmement rigide, imposant un modèle social fondé sur des rites stricts, la piété filiale et la hiérarchie des classes. Les femmes voient notamment leur rôle limité à la sphère domestique, et la mobilité sociale devient plus restreinte.
D’ailleurs, de nombreuses académies néo-confucéennes se sont développées sous la dynastie Joseon. Ces établissements privés avaient pour but de faire perpétuer la transmission du savoir, le respect des lettrés et l’harmonie avec la nature.
Conclusion : Une Philosophie en Mutation
Le confucianisme et le néo-confucianisme ,en Corée du Sud restent un courant fondamental de la culture et de la structure sociale, mais il est aussi en constante évolution. Bien que leurs principes, comme l’importance de la famille, du groupe et de la hiérarchie, soient profondément enracinés dans la société coréenne, la jeunesse coréenne remet en question certains aspects, notamment ceux qui touchent aux inégalités de genre et à la pression académique. Voyager en Corée aujourd’hui, c’est non seulement découvrir un pays en pleine modernisation, mais aussi comprendre l’impact durable de philosophies anciennes qui continuent de définir les rapports sociaux et culturels.
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