Il y a Séoul, et puis il y a Busan. La deuxième ville de Corée du Sud n’est pas une capitale miniature ni une étape secondaire dans un circuit. C’est une ville à part entière, avec sa propre identité, son propre rythme et sa propre façon de vivre. Connue pour ses plages dorées, ses marchés animés et son célèbre temple Haedong Yonggungsa perché face à la mer, Busan est aussi un port millénaire, une capitale du cinéma asiatique, une ville de gastronomie de classe mondiale et un lieu de mémoire d’une profondeur rare.
Avec plus de 3,4 millions d’habitants, Busan est la deuxième plus grande ville de Corée du Sud et l’un des ports les plus actifs d’Asie. Pourtant, elle garde quelque chose d’humain, de maritime et de chaleureux que les grandes métropoles ont souvent perdu. Les habitants de Busan sont réputés dans tout le pays pour leur franchise, leur générosité et leur humour. Une réputation qui se confirme dès les premiers jours.
Ce guide est long, volontairement. Parce que Busan mérite mieux qu’une liste de spots à photographier. Elle mérite d’être comprise, explorée et vécue.
Busan côté mer : plages, falaises et temples maritimes
Haeundae et Gwangalli : deux plages, deux ambiances
Haeundae est le symbole balnéaire de Busan et de toute la Corée du Sud. Cette plage de sable blanc de 1,5 kilomètre de long est bordée de gratte-ciels modernes, d’hôtels et de restaurants de fruits de mer. En été, elle accueille jusqu’à un million de visiteurs par week-end, ce qui en fait l’une des plages les plus fréquentées d’Asie. Mais Haeundae n’est pas qu’une plage de masse : hors saison, elle retrouve une douceur particulière, avec ses promeneurs matinaux, ses pêcheurs sur les rochers et ses cafés face à la mer.
À deux pas d’Haeundae, la plage de Gwangalli offre une alternative plus locale et plus décontractée. Son panorama sur le pont Gwangandaegyo, un pont suspendu de 7,4 kilomètres illuminé la nuit en couleurs changeantes, est l’un des plus photographiés de la ville. Les terrasses de bar qui bordent la plage sont l’endroit idéal pour un verre en fin de journée, face aux lumières du pont qui se reflètent sur l’eau.
Bon à savoir : la saison balnéaire officielle à Busan s’étend de juillet à août. En dehors de cette période, les plages sont accessibles mais les eaux peuvent être fraîches. Le printemps et l’automne offrent une atmosphère beaucoup plus calme et agréable pour se promener le long du littoral
Bon à savoir : la saison balnéaire officielle à Busan s’étend de juillet à août. En dehors de cette période, les plages sont accessibles mais les eaux peuvent être fraîches. Le printemps et l’automne offrent une atmosphère beaucoup plus calme et agréable pour se promener le long du littoral.

Haedong Yonggungsa : le temple qui pousse dans la mer
C’est l’image de Busan que l’on retient le plus longtemps. Le temple bouddhiste Haedong Yonggungsa est connu pour une raison simple : ses pavillons aux toits de tuiles vertes se dressent directement sur les rochers, au bord des falaises, avec la mer qui s’agite en contrebas. Fondé au XIVe siècle, le temple a été détruit pendant la colonisation japonaise et reconstruit dans les années 1970. Sa position en bord de mer est unique en Corée car la plupart des temples bouddhistes sont construits en montagne.
La visite commence par un long escalier qui descend vers la mer, bordé de statues de Bouddha et de lanternes. En bas, les fidèles font brûler de l’encens, attachent des cordons de prière aux grilles et se recueillent face à l’océan. L’atmosphère est à la fois spirituelle et spectaculaire. Au lever du soleil, quand la lumière rose effleure les rochers et les toits du temple, c’est l’un des plus beaux spectacles que Busan puisse offrir.

Busan côté culture : quartiers, mémoire et cinéma
Gamcheon : le village arc-en-ciel accroché à la colline
Le village culturel de Gamcheon est l’un des endroits les plus surprenants de Busan. Accroché aux flancs d’une colline en terrasses au-dessus du port, ce village aux maisons colorées était à l’origine un bidonville qui s’était développé pendant la guerre de Corée pour accueillir les réfugiés du nord. Les habitants construisaient leurs maisons les unes au-dessus des autres, sur des pentes abruptes que personne d’autre ne voulait, créant par nécessité cette architecture en escaliers qui fait aujourd’hui tout le charme du quartier.
Dans les années 2000, les habitants et des artistes ont entrepris de le transformer en un labyrinthe de ruelles peintes, de fresques murales et d’ateliers d’artistes. Ce projet de revitalisation, initié avec très peu de moyens et beaucoup d’ingéniosité, est devenu l’un des exemples les plus cités en Corée de la façon dont l’art peut redonner vie à un quartier populaire sans le vider de ses habitants.
Aujourd’hui, Gamcheon est à la fois un quartier habité et un espace culturel à ciel ouvert. On s’y perd volontiers dans ses escaliers en pente, ses venelles étroites et ses vues inattendues sur la baie de Busan. Des petits musées de quartier, des cafés indépendants et des boutiques d’artisanat jalonnent le parcours de visite. Certaines maisons ont été transformées en galeries minuscules où des artistes locaux exposent leurs œuvres dans des espaces de quelques mètres carrés à peine. D’autres ont conservé leur fonction d’habitation, avec du linge qui sèche aux fenêtres et des plantes en pot sur les rebords — un rappel constant que ce village est vivant, pas muséifié.
Ce qui frappe aussi, c’est la lumière. Perché en hauteur, Gamcheon capte le soleil d’une façon particulière selon l’heure de la journée. Le matin, les facades colorées brillent dans une lumière dorée qui fait ressortir chaque détail des fresques. En fin d’après-midi, quand le soleil descend vers la mer, les ombres s’allongent dans les ruelles et l’atmosphère devient plus douce, plus intime. C’est l’un de ces endroits qu’on quitte avec l’impression d’avoir vu quelque chose de vrai.
Bon à savoir : Gamcheon se visite idéalement en semaine et le matin pour éviter la foule des week-ends. Le quartier est accessible en bus ou en taxi depuis le centre de Busan. Prévoyez des chaussures confortables car les pentes sont raides et les escaliers nombreux.

Le cimetière commémoratif des Nations Unies : un lieu de mémoire unique au monde
C’est l’un des endroits les moins connus des voyageurs étrangers à Busan et l’un des plus émouvants. Créé le 18 janvier 1951 pour enterrer les combattants tombés pendant la guerre de Corée, le cimetière commémoratif des Nations Unies est le seul cimetière militaire de l’ONU au monde. Ce site de 14 hectares accueille les sépultures de soldats issus de 11 nations ayant combattu sous l’égide des Nations Unies : Australie, Canada, États-Unis, France, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Turquie, Corée du Sud, Norvège, Luxembourg et Afrique du Sud.
En tout, 2 300 soldats y reposent, parmi lesquels 44 soldats français dont les tombes sont entretenues avec le concours du ministère des Armées. Pour les voyageurs français, belges, canadiens ou suisses, la présence d’un carré national dans ce cimetière donne à la visite une dimension personnelle et poignante. Le terrain lui-même a été offert par la République de Corée en signe de gratitude éternelle envers ceux qui sont morts pour défendre sa liberté.
Les allées sont bordées d’arbres centenaires, les pelouses parfaitement entretenues, et chaque tombe porte une stèle avec le nom, le grade et la nationalité du soldat. Un musée de la mémoire et un mur du Souvenir complètent la visite.
Bon à savoir : le cimetière est ouvert tous les jours et l’entrée est gratuite. La visite prend environ une heure et peut être couplée avec celle du musée de la guerre de Corée, situé non loin.

Le festival international du film de Busan : la Cannes asiatique
Chaque année en octobre, Busan devient pendant dix jours la capitale mondiale du cinéma asiatique. Le Festival international du film de Busan, connu sous l’acronyme BIFF, est le plus grand festival de cinéma d’Asie, fondé en 1996 par une poignée de passionnés qui voulaient faire de cette ville portuaire un carrefour culturel international. Le pari était audacieux à l’époque. Trente ans plus tard, le BIFF est devenu une institution incontournable qui accueille chaque année plus de 200 000 spectateurs, des centaines de films en compétition et des milliers de professionnels du cinéma venus du monde entier.
Ce qui distingue le BIFF des autres grands festivals internationaux, c’est son positionnement unique. Le festival s’est imposé comme la principale vitrine du cinéma asiatique émergent : c’est ici que de nombreux réalisateurs coréens, japonais, iraniens ou taïwanais ont été découverts avant de connaître une reconnaissance mondiale. Des noms aujourd’hui célébrés comme Bong Joon-ho, le réalisateur de Parasite récompensé aux Oscars, ont vu leurs premiers films présentés au BIFF avant de conquérir le reste du monde. Le festival a joué un rôle déterminant dans l’essor de la hallyu (vague culturelle coréenne) en offrant une scène internationale au cinéma coréen à une époque où celui-ci était encore peu connu hors d’Asie.
Ce qui rend le BIFF particulier pour les visiteurs, c’est aussi son atmosphère profondément populaire et accessible. Contrairement à Cannes ou Venise, les projections ont lieu dans plusieurs salles réparties dans la ville entière, certaines en plein air sur la plage d’Haeundae. Les billets sont abordables et accessibles au grand public. Les cafés du quartier organisent des projections informelles, les rues se couvrent d’affiches géantes et les stars coréennes, qui font l’objet d’un véritable culte en Asie, défilent sur les tapis rouges entourées de foules de fans venus parfois de très loin.
Même en dehors de la période du festival, le quartier autour du BIFF Square vaut la visite. C’est le centre historique du cinéma busan-ais, avec ses cinémas indépendants, ses librairies spécialisées en cinéma et ses dalles gravées aux empreintes des célébrités coréennes du septième art, à la manière du Walk of Fame hollywoodien. Les amateurs de K-dramas et de cinéma coréen y retrouveront les noms et les empreintes de leurs acteurs préférés avec une émotion souvent inattendue.
Bon à savoir : si vous souhaitez assister au BIFF, les dates se situent généralement dans la première ou deuxième semaine d’octobre. Les billets se réservent en ligne dès l’ouverture de la billetterie, plusieurs semaines à l’avance pour les séances les plus recherchées. L’hébergement à Busan pendant le festival se remplit très rapidement : pensez à réserver tôt si vous planifiez votre voyage autour de cet événement.

Busan côté gastronomie : une ville qui se mange
La cuisine de Busan : produits de la mer et spécialités uniques
La gastronomie de Busan est indissociable de la mer. La ville est l’un des plus grands ports de pêche de Corée du Sud et ses marchés aux poissons sont parmi les plus animés d’Asie. Le marché de Jagalchi, le plus grand marché aux poissons de Corée, est un monde en soi : des étals couverts de pieuvres vivantes, de crabes géants, de coquillages et de poissons de toutes les couleurs, tenus par des femmes qui proposent de cuisiner sur place ce que vous choisissez. Une expérience sensorielle totale, à vivre idéalement tôt le matin quand les pêcheurs livrent leur prise de la nuit.
Les spécialités culinaires de Busan méritent un détour à elles seules. Le dwaeji gukbap (soupe de porc et de riz, plat né pendant la guerre de Corée quand les habitants incorporaient des os de porc dans leur bouillon) est le plat emblématique de la ville et chaque restaurant a sa version. Le milmyeon (nouilles froides de farine de blé, plus épaisses que les nouilles de sarrasin) est une autre spécialité locale inventée par les réfugiés du nord pendant la guerre. Et les eo-muk (brochettes de pâté de poisson cuit dans un bouillon chaud) se mangent debout dans les ruelles du marché de Gukje, les mains réchauffées par le bol de bouillon offert avec la brochette.
Busan dans le guide Michelin
Depuis son entrée dans le guide Michelin, Busan a vu une nouvelle génération de restaurants créatifs ouvrir leurs portes, proposant une cuisine coréenne réinterprétée avec les produits de la mer locaux. Les inspecteurs du guide ont reconnu Busan comme une ville présentant une complexité culinaire qui reflète véritablement l’unicité de la culture gastronomique coréenne. Une scène gastronomique en pleine effervescence qui s’ajoute aux adresses traditionnelles sans jamais les remplacer.
Bon à savoir : le marché de Gukje est le plus grand marché traditionnel de Busan. On y trouve de tout : artisanat, textiles, nourriture, ustensiles de cuisine. C’est l’endroit idéal pour observer la vie locale loin des circuits touristiques et goûter aux spécialités de rue les moins chères de la ville.

Busan côté nature et quartiers secrets
Le parc Taejongdae : falaises, phare et forêt au bord de l'abîme
Au sud de la ville, sur une presqu’île rocheuse battue par les vagues, le parc naturel de Taejongdae est l’un des plus beaux espaces naturels de Busan. Ses falaises de basalte noir plongent dans une mer d’un bleu profond, un phare blanc se dresse sur le promontoire le plus avancé, et une forêt de pins centenaires couvre l’intérieur de la presqu’île. Un petit train touristique fait le tour du parc pour ceux qui préfèrent ne pas marcher, mais les sentiers pédestres offrent des points de vue bien plus intimes et bien plus beaux.
La légende veut que le roi Taejong de la dynastie Silla venait ici pour tirer à l’arc et méditer face à la mer. L’endroit s’y prête encore parfaitement : le bruit des vagues sur les rochers, le vent du large dans les pins, et cette impression d’être au bout du monde à l’extrémité d’une péninsule qui s’avance hardiment dans la mer de Corée.
Dongbaekseom : l'île aux camélias au cœur de la ville
Dongbaekseom est une petite île reliée à la terre par une jetée, accessible à pied depuis la plage d’Haeundae. Son nom signifie littéralement « l’île aux camélias ». Au printemps, ses sentiers se couvrent de fleurs roses et rouges dans une atmosphère étonnamment calme pour un endroit si proche du centre animé d’Haeundae. Au sommet de l’île, un belvédère offre une vue panoramique sur la baie et sur les gratte-ciels de Busan se profilant à l’horizon. C’est l’un de ces endroits où l’on s’assoit sur un rocher, on regarde la mer, et on oublie tout le reste.

Beomeo-sa : le temple de montagne oublié des touristes
Perché dans les montagnes au nord de Busan, le temple Beomeo-sa est l’un des plus importants temples bouddhistes de la région et l’un des moins fréquentés par les touristes étrangers. Fondé au VIIe siècle sous le royaume de Silla, il abrite plusieurs bâtiments classés au patrimoine national dans un cadre de forêts et de rochers qui change de visage selon les saisons. En automne, les érables qui l’entourent virent au rouge et à l’orange dans un spectacle comparable aux temples de Gyeongju. En hiver, la neige transforme les toits de tuiles et les cours en décors de conte.
Bon à savoir :Beomeo-sa propose des séjours en Temple Stay, avec nuits dans le temple, repas végétariens, méditation et prières matinales. Une expérience de dépaysement total à moins d’une heure du centre de Busan.

Quelques repères pour organiser sa visite
Pour se rendre à Busan depuis Séoul, le train rapide KTX fait le trajet en 2h30 environ avec des départs toutes les heures. C’est la façon la plus confortable et la plus rapide de faire le trajet, et il est conseillé de réserver à l’avance, surtout en week-end et pendant les vacances.
Pour explorer la ville, le métro de Busan est efficace et bien indiqué. Certains quartiers comme Gamcheon ou le parc Taejongdae nécessitent un bus ou un taxi depuis la station de métro la plus proche.
Pour la durée du séjour, comptez minimum 3 jours pour voir les incontournables sans se précipiter. Pour aller au-delà des sites touristiques et explorer les marchés et les environs, 4 à 5 jours est idéal.
La meilleure saison reste le printemps (avril-mai) et l’automne (octobre-novembre). L’été est chaud et humide mais l’ambiance balnéaire d’Haeundae est unique. L’hiver est doux par rapport au reste du pays car Busan bénéficie d’un climat légèrement plus tempéré grâce à la mer.
Conclusion : Busan, la ville qui change tout
On arrive souvent à Busan en pensant faire une étape. On repart en se demandant pourquoi on n’y a pas passé plus de temps. Busan est une ville qui surprend, qui nourrit et qui touche, par la beauté brute de ses falaises, la chaleur de ses habitants, la profondeur de son histoire et la générosité de sa cuisine. C’est la Corée du Sud dans ce qu’elle a de plus maritime, de plus humain et de plus inattendu.
Si vous souhaitez intégrer Busan à un voyage sur mesure en Corée du Sud, l’équipe de Tour de Corée est là pour vous accompagner, à votre rythme et selon vos envies.

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Busan est l’une de ces villes que l’on ne soupçonnait pas et que l’on ne peut plus oublier après y avoir mis les pieds. Temple face à la mer, marché aux poissons au lever du soleil, cimetière des Nations Unies sous les pins, festival de cinéma en plein air : chaque heure passée dans cette ville révèle une nouvelle facette d’une Corée du Sud que peu de voyageurs connaissent vraiment. Notre équipe est disponible pour répondre à toutes vos questions et imaginer avec vous le séjour idéal.
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